Ouest Torch'

Les gueux rennais rentrent à la niche

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Comme nous l’avions prévu, la pseudo rébobolution sociale du printemps dernier à atteint ses limites.
Avec le soutien des autorités et un peu de persévérance, nous en sommes venus à bout.

Spasmes

À l’heure de faire le bilan de la rentrée, le constat est net et sans bavure : comme dans le reste du pays, les mouvements des gueux rennais ne passeront pas l’hiver. Un petit défilé pour l’honneur, et retour au bercail. Ce n’est pas les trois ou quatre fanatiques qui persistent à animer « Nuit debout » ou la poignée de syndicalistes révolutionnaires que compte encore la ville qui vont nous empêcher de dormir. Quant au pathétique groupuscule anarcho-autonome de l’université de Rennes 2, les effets attendus de leur « Semaine des luttes » ont été anéantis par leur impatience à en découdre : blocage et appel précoce à manifester auront utilement souligné l’isolement de ces imbéciles sur le campus. Ce n’est plus Rennes 2 la rouge, c’est Rennes 2 la jaune !

Mode d’emploi

Notre stratégie se sera donc déroulée sans accroc. Transformer le centre-ville en forteresse, puis imputer la baisse du chiffre d’affaires des commerçants aux casseurs. Gazer massivement les premiers rassemblements, pour dissuader les plus fragiles de s’y rendre, et obliger les autres à s’équiper pour résister aux provocations des forces de l’ordre. Dénoncer ensuite les vandales sur tous les tons et condamner lourdement les manifestants interpellés aléatoirement. Puis, jouer le pourrissement ; attendre l’Euro de foot, les congés payés et la sortie de Pokemon Go. Au bout du tunnel, quel contraste savoureux entre le reflux des mobilisations gauchistes et les terrasses bondées des cafés où le bon peuple entonnait à l’unisson l’hymne national ! Quel délice de voir la poignée de participants aux « Nuits debout » humiliée par les chasseurs de monstres numériques !
Cerise sur le gâteau, l’occupation et le saccage de la salle de la Cité par le mouvement social nous offre enfin la perspective de démolir ce furoncle, issu d’une histoire honnie, qui, s’il reste debout, fera tache à côté de notre super-moderne Centre des congrès, actuellement en construction place Sainte-Anne. Détruire d’un même coup le code du travail et la Maison de la populace, nous n’aurions même pas osé en rêver !

Prime exceptionnelle

Ajoutez-y les soutiens aux commerçants, de l’État, de la Métropole et de la mairie pour plus de 900 000 francs, la subvention de 45 000 F versés par la ville au Carré Rennais pour organiser la braderie du centre-ville, et le bilan est complet : nous sommes gagnants sur tous les tableaux.
Alors, ils nous en auront fait baver des ronds de chapeau, c’est vrai. La mobilisation aura été exceptionnellement longue. La réussite initiale des « Nuit debout » aura fait craindre quelques jours que la situation devienne incontrôlable, le blocage des raffineries aura mis un petit coup de chaud. Mais ce qui compte, c’est qu’avec les vacances, le soufflé sera retombé, décrédibilisant d’emblée la perspective d’une reprise à la rentrée. Mission accomplie. The game is over. Champagne !

François-Réglisse Mutin

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