Ouest Torch'
Départ de feu provoqué par une pastille de gaz lacrymogène, le 17 mai 2016 sur la rocade de Rennes.

Ne vous y trompez pas, le preneur d’otage est aujourd’hui le gouvernement usant des forces de l’ordre pour revendiquer sa légitimité, priant pour développer dans le cœur des Rennais un syndrome de Stockholm d’un nouveau genre.

Mise au point

Si seulement l’objectif des forces de l’ordre était d’assurer la protection de cette ville occupée… Malheureusement, force est de reconnaitre que nous avons à faire à une occupation bien plus oppressive que sécuritaire. De ce fait, des manifestants, faisant usage de l’article 7 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) de 1793,
« Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s’assembler […], ne peuvent être interdits. La nécessité d’énoncer ces droits suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme. »
se sont vus refouler par des cowboys armés par notre preneur d’otage tant glorifié. Ainsi, nous avons pu faire état de nombreuses mutilations, telles que la perte de l’usage d’un œil pour certains malchanceux, mais aussi par de nombreux passages à tabac. Pour les sceptiques, j’ai l’honneur de vous rapporter ce témoignage de la manifestation du jeudi 20 mai :
« … les CRS ont chargé. Je courrais, on ne reste pas statique face à des gens comme ça. Mais je regardais derrière, j’attendais de voir si des personnes étaient restées en retrait du cortège. Un camarade est tombé, je me suis arrêté pour le ramasser. D’un coup, ils sont arrivés à trois [CRS] pour me matraquer, me donnant aussi des coups de pieds. Ils m’ont surtout frappé dans les jambes. Bien sûr, ça ne laisse pas de marques. J’ai aussi des blessures sur le dos et à la main. Ils criaient « casse toi ! casse toi ! »

Une pression médiatique

Les médias. Parlons-en. Comme pour tout bon preneur d’otage, le gouvernement choisit bien les informations qu’il laisse filtrer, dans et hors de sa zone d’occupation. Nous pouvons ainsi constater que les journalistes possédant le saint graal : une carte de presse, délivrée par un journal bien officiel, sont tous à la botte de la préfecture. Reniant leur principale mission, relayer l’information d’un point de vue objectif, ceux-ci se contentent de mettre en avant un regard partisan sur les manifestations, généralement une scène d’environ trente secondes sur cinq heures, faisant état d’une action particulièrement violente, sortie de son contexte. Ainsi, nous avons pu observer dans Ouest-France, l’image d’un départ de feu sur les abords de la rocade le mardi 18 mai, sans aucune légende, laissant sous-entendre une implication des manifestants. Cependant, si ces journalistes étaient un minimum consciencieux de leur travail, ils se seraient, au minimum, inquiétés de vous informer que ce départ de feu avait été provoqué par une pastille de lacrymogène brulante, bêtement utilisée à proximité des broussailles.
Précisons d’ailleurs que ces mêmes pastilles atterrissent trop souvent sur le front de manifestants, les blessant gravement, mais également entre les roues de poussette, comme cela est arrivé à la toute première manifestation contre la loi El Khomri, comme le rapporte un témoignage recueilli par Ouest Torch’.
Cependant, ce n’est pas là le type d’information que vous retrouverez dans un journal de grande envergure. Non pas car ces informations manquent de crédibilité, mais bien par une volonté évidente de désinformation. Jamais, au grand jamais, un journaliste de Ouest-France ne dénoncera quoi que ce soit du côté de notre preneur d’otage. On ne crache pas sur la main qui nous nourrit, comme disait ma grand-mère.

Amalgame et peur sous influence

Ainsi, une stratégie de la peur massive est déployée par notre gouvernement. Celle-ci se présente différemment en fonction de la cible, qui se compte au nombre de deux. La première, la population. Les rennais sont orientés vers la peur des manifestants telle une souris vers son morceau de fromage.
D’ailleurs, notre gouvernement préfère au terme de « manifestants » celui d’« association de malfaiteurs ». Alors, il monte des dossiers avec des moyens bien inférieurs à ceux alloués à la défense anti terrorisme. Nous retrouvons ainsi des photos de personnes sortant de chez eux, des écoutes téléphoniques abusives, mais aussi des arrestations abusives. Ce jeudi 20 mai, ils sont dix-neuf à s’être fait arrêter, interrogés par des individus cagoulés, puis relâchés jusqu’au jour de leur jugement sans avoir signé de déposition, avec interdiction de contacter ou de rencontrer les personnes arrêtées avec eux, qu’ils soient en couple, colocataires, ou de la même famille. Je doute que le sort réservé au groupe de Daesh suite aux attentats ait été bien différent.
Alors pourquoi cet amalgame entre manifestant et terroriste ? Je le répète : la stratégie de la peur. Ce déploiement de force, associé à une désinformation des médias, poussent les habitants à isoler d’eux des militants défendant leurs droits.
« A Rennes, on est au moins 300 dans cette association de malfaiteur […] On pourrait même être des milliers avec Lorient, Nantes, Paris… »
Alors, comme je suis une bonne âme, je vais vous dévoiler les coulisses, le but ultime de ce preneur d’otage d’un nouveau genre : calmer l’opposition rennaise, par tous les moyens, afin de faire marcher au pas l’ensemble des mouvements sociaux sur un plan nationale (Paris, Lyon, Marseille…) Si l’un se calme, les autres suivront, voilà la grande idée.
Mais cette belle oligarchie qui s’est installée peu à peu oublie l’article 35 de la DDHC :
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Cthulhu

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