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Tout le monde se bat contre la loi travail, qui est un affront inadmissible aux droits acquis des salariés.
Et si on cherchait plutôt à vivre autrement ?

Voler c’est pas beau

Je rencontre de plus en plus de personnes, souvent jeunes, qui osent affirmer qu’elles ne veulent pas ou plus travailler. Quand on a abusé des stages, des boulots sous-payés, des petits chefs sadiques, des heures supplémentaires non rémunérées et de toutes les autres souffrances au travail, c’est sûr, un jour, on en a marre. On se dit : « ça suffit », et on tente de l’assumer. Ce n’est pas une position facile à défendre, tant cette idée est ancrée dans nos esprits : notre destin serait de travailler. Produire, consommer, toujours plus, encore et encore, jusqu’à en crever. Nos aïeux se sont battus pour de meilleures conditions de travail. Pourquoi ne revendiquerions-nous pas que tout ce labeur nous offre aujourd’hui de meilleures conditions de vie ?

D’mander la charité

Les protections sociales (sécu, retraites, allocations familiales, indemnités chômage…) sont payées par le travail de tous, mais la production de biens et de services n’enrichit que les déjà nantis. Ils se foutent bien de notre système de répartition qu’ils grignotent d’années en années, au prétexte que nous ne nous en sortirions pas autrement qu’en faisant des sacrifices, et toujours du même côté. Alors que ces dirigeants (politiques, grands patrons, business club…) s’accordent des retraites dorées, des salaires à vie et autres privilèges, alors qu’ils jouent notre force de travail en bourse, nous devrions avoir honte de ne plus vouloir les subventionner. N’inversons pas les rôles, NOUS les faisons vivre.

Chaque jour que moi j’vis

Ce n’est déjà pas facile de s’en sortir avec 1 141,61 € (SMIC) par mois, mais avec 524,68 € (RSA), cela devient très compliqué, et pourtant. Quitte à vivre dans la misère financière, autant avoir du temps pour s’enrichir intérieurement. Ne pas travailler (pour cause de jeunesse, chômage, burn-out, handicap ou maladie) nous permet de réfléchir à d’autres formes de sociétés, de nous cultiver, de confronter nos idées. Durant ces mois, passés à refaire le monde sur les places des villes du pays, on s’est bien rendu compte que tout cela avait assez duré. Nous ne sommes plus isolés dans notre coin, nous sommes soudés autour de la volonté de nous émanciper des dominations qui nous écrasent. Les 524,68 € du RSA, nous les prenons sans complexe aucun, et nous ne remercions personne.

Et j’espère de vivre vieux

À l’aube du xxe siècle, la bonne idée a été de mettre en place la semaine de 35 heures, qui devait permettre un partage du travail, celui-ci se raréfiant. Mais cela n’a pas créé d’embauches, en tous les cas, pas suffisamment pour endiguer la multitude de plans sociaux qui s’abattent sur le monde salarié, de plus en plus souvent, de plus en plus durement. Alors pourquoi continuer à se battre contre cette loi travail qui ne fait qu’organiser les privilèges d’une société dont on ne veut plus ? Le problème n’est plus la loi travail, mais bien son monde. Imaginons, créons, œuvrons à inventer une autre Histoire, battons-nous pour que nos enfants et petits-enfants soient aussi fiers de nous, que nous le sommes des militants de 1936. Faisons que tout le travail accompli depuis des décennies ne soit pas vain, et qu’il ouvre enfin de vraies nouvelles perspectives. Récusons les politiques et leurs lois dominatrices et sécuritaires, bafouant les droits fondamentaux de l’Homme, et faisons-nous une nouvelle idée du vivre et travailler ensemble.

Ma Dalton

illustration : Copirate

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