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Les jardins partagés occupent le terrain

 Michel Campion est l’initiateur de l’association bressoâse Vert le jardin qui anime 350 jardins, 550 aires collectives de compostage, et accompagne près de 18000 jardiniers en Bretagne.

Soupe aux choux

Bonjour Michel, tu peux nous raconter l’histoire de l’association ?
Je m’occupe de Vert le jardin depuis 20 ans et notre travail, c’est de permettre aux habitants de jardiner. C’était l’origine du projet: donner les moyens, un petit bout de terrain dans les quartiers en ville, pour pouvoir exercer l’activité géniale du jardinage.

Et vous arrivez à trouver beaucoup d’endroits ?
Oui. À Brest, et même sur la Métropole, on a la chance d’avoir plein de terrains, de pelouses inoccupées, et c’est assez facile. La politique de la ville de Brest est plutôt favorable à ce que ce soit les habitants qui jardinent, plutôt que les services municipaux qui sont dé- bordés par les espaces verts.

Tu estimes à combien de personnes, de foyers qui participent à ces jardins ?
Sur Brest, il y a plus de cent jardins partagés référencés, sans compter tous les espaces gérés par les habitants qu’on ne connaît pas bien, qu’on ne suit pas de près. Si on compte dix, vingt personnes par jardin, ça représente un nombre phénoménal de gens qui pratiquent le jardinage, sans compter les habitants dans leur maison. Et en plus, tous les gens qui tournent autour de ces jardins-là, qui ne jardinent pas obligatoirement, mais qui passent, qui viennent voir, qui dans le cadre d’une petite convivialité avec d’autres, génèrent une envie d’espaces autres que la cité proprement dite dans les quartiers.

Et il y a des gens pour expliquer à ceux qui ne connaissent rien ?
Tout à fait. C’est ça le principe, avec Vert le jardin, on aide selon les besoins, on accompagne au lancement du projet, et après, les gens sont autonomes, ils gèrent eux-mêmes, et ce sont eux qui informent et incitent l’autre partie de la population qui n’ose pas, à venir jardiner.

Et au niveau des composts, il y a des points répartis dans la ville ?
Ça, c’est l’autre dimension qu’on a mise en place à Brest depuis six ans. L’idée, c’est de permettre aux gens qui n’ont pas de jardin de participer à cette opération écocitoyenne. Ceux qui se disent: au lieu de mettre mes déchets de cuisine à la poubelle, comment je pourrais les valoriser en les mettant dans des composteurs ? Et aujourd’hui, sur Brest, on a plus de 150 lieux où il y a des composteurs. Après, le compost fabriqué repart dans les jardins.

Il y a un circuit ? Des gens qui s’occupent de récupérer les composts pour les ramener sur les jardins ?
On « forme », on crée des « référents composts » qui nous appellent parce qu’ils sont débordés, ou parce qu’il y en a trop, ou trop de prédateurs nuisibles dans le composteur, et nous, on intervient en donnant un coup de main. Ensuite, on voit s’ils gardent le compost pour eux, pour les jardinières, ou si on le récupère pour les jardins.

Et vous vivez comment ? Vous avez des subventions de la mairie, des aides matérielles ?
Sur Brest, il y a neuf salariés dans l’association, et on vit des aides et aussi sur de la prestation de services. On intervient à la demande de structures qui ont besoin d’un coup de main dans leurs jardins ou qui voudraient qu’il y ait une animation autour du jardin. Pour le compostage, c’est un marché public qui est passé avec la ville de Brest pour accompagner les habitants, parce que c’est un vrai travail, à part entière. Il nous faut des techniciens avec des compétences compostage importantes.

Tu t’occupes de l’association depuis une vingtaine d’années, mais ça a pris vraiment de l’importance depuis quand ?
En 98, j’ai commencé tout seul, ça a duré deux ans, et vingt ans après, on est vingt salariés en tout. On est même partis à Rennes, à Saint-Brieuc et à Lorient, on a créé des antennes. Donc, on est une multinationale, une start-up macroniste, et on est fiers d’avoir créé des emplois dans un monde où ça va pas bien, et puis on a un beau métier.

Merci, je suis fière de toi, tu es à la hauteur des espérances de notre président de la République !

Propos recueillis par Ma Dalton

www.vertlejardin.fr

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