Ouest Torch'

Un établissement à la communication ouvertement sexiste est aujourd’hui protégé par les forces de l’ordre. Quatre jeunes hommes sont en prison.

Chiens de garde

Jeudi 25 Mai Quatre personnes, ont été condamnées à des peines de un à trois mois de prison ferme, pour une altercation avec le gérant d’une enseigne de restauration rapide, et sont incarcérées.
Vendredi 26 Mai Une manifestation pour le boycott de l’enseigne de fast food Bagelstein, s’est déroulée dans les rues de Rennes. […]Une centaine de personnes, a effectué le tour de la place Saint-Anne, s’est dirigée vers le restaurant gardé par quatre membres de la BAC, et est ensuite retournée sur la place, avant que le cortège se disperse au bout d’une heure.
Mardi 1er Juin Pour la 3e fois, un nouveau rassemblement a lieu devant le restaurant rennais.

D’un humour prétendu, à un irrespect flagrant

La question de ce dont on peut rire est préoccupante. Dans ce cas, la communication de l’enseigne Bagelstein se nourrit de propos que l’on caractérise d’oppressifs, sous couvert « d’humour », et s’en sert comme argument de communication. Ces propos sont oppressifs car ils stygmatisent des minorités. Mysoginie, homophobie, racisme, sexisme, validisme, capacitisme, sont servis sur place ou à emporter.
Si l’humour noir se défend, et prouve chaque jour son utilité, afficher sur son menu : J’en ai marre de ces gays-là », relève au mieux d’un spectacle de Jean-Marie Bigard, au pire d’une homophobie flagrante et assumée.
« Il y a trois types de femmes ; les putes, les salopes, et les con­nasses. La pute couche avec tout le monde, la salope couche avec tout le monde, sauf avec toi, et la connasse ne couche qu’avec toi. »
« Il ne faut jamais jouer avec le cœur d’une femme. Il faut jouer avec ses seins, elle en a 2. »
Cette violence verbale des plus extrêmes banalise une oppression systémique déjà omniprésente. Comment trouver une légitimité à l’État dans lequel nous vivons lorsque ces messages sont protégés par des personnes armées ?

Deux poids, deux mesures

Alertées par le comité féminisme de Rennes 2, quatre personnes sont allées constater les faits. Dès lors, le commerçant s’est montré agressif verbalement, et physiquement envers les concerné.e.s.
Sollicités par le commerçant, les agents de la BAC auront vite fait, et sans réelle surprise, de lui donner raison…
Des peines de prisons allant de 1 à 3 mois fermes sont tombées dès le vendredi 26 mai
Grace à une logique rudimentaire, nous avons pu voir qu’émettre des jugements aussi peu drôles que lourds, n’avait rien à voir avec de l’humour. Comment interprêter donc la présence constante de la BAC, ou d’une voiture de police, rue Bertrand, à chaque manifestation ?
C’est une fois de plus la preuve d’un dialogue verrouillé, entravé par toute forme d’autorité. Rien ne justifie la présence des forces de l’ordre devant ce restaurant ; lors des rassemblements qui depuis le début sont pacifiques.
Il en coûte 1 à 3 mois de prison pour s’opposer au fait de rendre lucratif diverses formes d’oppression, tandis que les actes et paroles du gérant restent impunis. Pas un seul représentant de la vie politique rennaise ne pourra se plaindre de contestations, en protégeant l’oppression.
Nous y reviendrons constamment : classer les femmes en trois genres distincts et arbitraires, est un acte condamné par la loi, cela relève du sexisme. En protégeant les auteurs de ces violences et en les taisant, les institutions s’en font les complices.

Elouen

photo : www.libertaire.net

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